Péruwelz - petit boût d'histoire

Le plus ancien document qui donne le nom de Péruwelz est la confirmation en 1105 par Odon,
évêque de Cambrai, de la donation de l'autel à l'abbaye d'Aubechies. En 1119, lors de la réunion
des biens de cette abbaye à ceux du monastère de Saint-Ghislain, ce dernier devient collateur de
la cure et décimateur principal.


Pour avoir une trace écrite de seigneurs du nom, il faut attendre la fin du XIème siècle. Au début du XIVème siècle, la seigneurie passe dans la famille de Berlaymont; en effet, Baudouin, baron de Péruwelz, et Isabelle du Roeulx ne laissent qu'une fille qui épouse Floris de Berlaymont. En 1419, "Monseigneur de Berlaymont et de Péruwelz, bouteiller de Hainaut", propose une nouvelle loi aux jurés et échevins de sa seigneurie, qui est acceptée, mais ce document brûle en 1477 lors du sac par les troupes bourguignonnes et de l'incendie du château où étaient conservées les archives. En 1620,
Florent de Berlaymont meurt. Sa fille unique, Marie-Marguerite, avait épouse Louis d'Egmont, duc de Gueldre. Le couple cède en 1628 aux Pères de l'Ordre du Saint-Sauveur dit de Sainte-Brigitte d'Armentières tous les terres et revenus possédés par l'hôpital de Péruwelz qui avait été fondé et doté en 1308 par Baudouin de Péruwelz et son épouse Isabelle du Roeulx, à la condition d'y fonder un couvent. Au XVIIIème siècle, les Brigittins font bâtir une chapelle (1757), ce qui les oblige à contracter des dettes qu'ils ne purent jamais rembourser. En 1784, leur couvent est supprimé. Ambroise de Croÿ, comte de Solre, acquiert, en 1641, les terres et le château qu'il fait remanier l'année suivante.

En 1799, le château et ses dépendances devinrent biens nationaux et furent vendus aux enchères à Charles-Joseph Messine qui les revendit neuf ans plus tard à Emmanuel-Marie-Maximilien de Croÿ-Solre.

Aussitôt, le fondé de pouvoir du prince de Croÿ mit en vente les dépendances. Durant la première moitié du XIXème siècle, le château fut utilisé comme maison communale. Puis, pendant un siècle, il servit de locaux à une brasserie pour être aujourd'hui une bâtisse en ruine prolongeant le parc public Simon. La terre de Péruwelz est une des quarante-quatre baronnies que comptait le Hainaut.

Par le traité de Chambord de 1669, obtenu de Louis XIV, conquérant de la région, Péruwelz fut détaché de la châtellenie d'Ath et rattaché aux États du Tournaisis. La localité fit retour au Hainaut dès le Traité de Nimègue du 17 septembre 1678. En 1907, la ville fut amputée d'une partie de son territoire qui constitua désormais, avec un morceau de Blaton, la nouvelle commune de Bon-Secours.

La commune fut essentiellement agricole jusqu'au XVIIIème siècle où elle s'industrialisa et se livra au commerce et vit, de ce fait, sa population fortement augmenter. En 1698, on comptait 240 foyers et en 1788, 871.

Certains expliquent ce développement économique et démographique par le succès toujours croissant du pèlerinage de Notre-Dame de Bon-Secours, fondé au début du XVIIème siècle. La guerre de succession d'Autriche dont souffrit la région en 1744 n'entrava pas ce développement. Durant la seconde moitié du siècle, Péruwelz compta plus d'une vingtaine de fabriques de bas qui donnaient du travail à seize ou dix-sept mille personnes tant fouleurs que peigneurs, teinturiers et tricoteurs.

Au début du XIXème siècle, l'économie continue son efflorescence. La fabrication des bas occupe toujours le premier plan. On remarque aussi l'installation de quatre raffineries de sel. En 1826, l'inauguration du canal de Pommeroeul à Péronnes rompt l'isolement de la commune.

Vers 1830, une vingtaine de fabrique de bas est toujours en activité; sept établissements se sont mis à tisser du coton. Le travail des peaux, déjà observé au XVIIIème siècle, s'est étendu; on dénombre quatre tanneries, huit corroieries, deux maroquineries et une mégisserie qui sont renommées. Les enquêtes mentionnent aussi l'existence de sept brasseries, de trois distilleries, de raffineries de sel, de fabriques de chandelles, d'huile et d'amidon, de chocolateries, de cinq fours à chaux, d'une sucrerie (1838) et d'une verrerie (1838).

La population augmente toujours durant la première moitié du XIXème siècle. Le nombre de naissances excède celui des décès; cette population est jeune. Aussi, en 1834, le bourgmestre Tondreau, aidé par les Frères des Écoles Chrétiennes, crée une école communale gratuite.

Vers 1937, l'industrie de la laine et la bonneterie, malgré la mécanisation, occupent toujours une nombreuse main-d'oeuvre (environ 700 personnes). À la même époque, deux brasseries emploient une soixantaine de personnes et une dizaine d'établissements s'adonnent au travail du cuir et occupent environ 200 personnes. On observe aussi entre les deux guerres mondiales de nouvelles orientations industrielles telles que la production de briques (85 personnes), d'électricité (45 personnes), d'objets en celluloïd (44 personnes) et d'articles en ciment (113 personnes), le travail du marbre (43 personnes) et la construction de bâtiments (72 personnes).


En 1972, Péruwelz est toujours une commune fort active: un zoning industriel y a été créé. On remarque cependant que les deux filatures et les deux bonneteries qui subsistent n'occupent plus qu'environ 300 personnes. Les entreprises qui emploient cette année-là le plus de main-d'oeuvre sont une fabrique de béton (90 personnes), cinq usines de matières plastiques (environ 150 personnes), un atelier métallurgique (35 personnes) et une industrie chimique (31 personnes).


Alors qu'aux XIXème et XXème siècles, l'industrie chimique se développe, la superficie agricole diminue sans cesse. Elle est de 1.218 ha en 1834 et n'est plus que de 728 ha en 1959. L'activité agricole principale semble avoir été l'élevage, surtout celui des bovidés. Depuis une quinzaine d'années, on y développe la culture fruitière en vergers.

Évolution de la population: 1801: 5.302 (avec une partie de Bon-Secours); 1846: 7.510 (avec une partie de Bon-Secours); 1910: 8.097; 1961: 7.668; 1976: 8.183; 1977: 17.101; 2007: 16.826.

 

(Source: S. PHILIPPART, "Péruwelz au fil du temps...", Péruwelz, 1973-1978; "Communes de Belgique, dictionnaire d'histoire et de géographie administrative", Crédit communal de Belgique, Réalisation La Renaissance du Livre, 1983)

Écrit par Moustiqueteam Lien permanent